Blocus des lycées : trois établissements cannois passent à distance
Après une journée de tensions jeudi 1er octobre, marquée par 72 interpellations dans le département, l'Éducation nationale a placé 24 lycées des Alpes-Maritimes en enseignement à distance, dont trois à Cannes.
La mobilisation lycéenne a gagné Cannes jeudi 1er octobre 2026. Des rassemblements et des blocages se sont formés devant plusieurs lycées de la ville, notamment Carnot, Jules-Ferry, Bristol et Hutinel, et des tensions ont conduit à des interpellations.
Dans l'ensemble du département des Alpes-Maritimes, la préfecture a fait état de 72 personnes interpellées au cours de la journée, pour des jets de mortiers ou de projectiles, des ports d'arme dont un couteau, des dégradations et des incendies volontaires. Une quinzaine de lycées ont été perturbés. Depuis le début du mouvement, le nombre total d'interpellations dans le département atteint 174, le bilan le plus élevé depuis le début des mobilisations.
La préfecture signale également la présence de personnes extérieures aux mobilisations parmi les fauteurs de troubles. À Cannes, la police municipale est intervenue sur trois sites : le maire, David Lisnard, a fait état de huit individus interpellés pour tentatives d'incendies, tirs de mortiers et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, saluant une action « déterminée » et « clinique » de ses agents.
Face à la situation, l'Éducation nationale a décidé de placer 24 lycées en enseignement à distance à compter du vendredi 2 octobre, à Nice, Cannes, Antibes, Cagnes-sur-Mer, Menton et Grasse. Trois établissements sont concernés à Cannes. L'objectif affiché : permettre aux élèves de poursuivre leur scolarité dans des conditions sereines et éviter les regroupements susceptibles de conduire à des troubles à l'ordre public.
Un arrêté préfectoral interdit par ailleurs les regroupements statiques autour des 24 lycées concernés. Les restrictions portant sur la détention et le transport de mortiers, de pétards, de produits explosifs ou combustibles, d'armes et d'objets susceptibles d'être utilisés comme tels ont été prolongées. Trois sections de CRS avaient été déployées à Nice en renfort des effectifs départementaux.
En amont de cette journée, une réunion de coordination s'était tenue mercredi soir entre le préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, le directeur interdépartemental de la police nationale, le directeur académique des services de l'Éducation nationale et les représentants des maires de Nice, Menton, Cagnes-sur-Mer, Grasse, Antibes et Cannes. Le préfet avait annoncé un renforcement du dispositif de maintien de l'ordre, estimant que rien ne justifiait la violence, et appelé les parents à rappeler à leurs enfants de ne pas se mêler aux casseurs, afin de leur éviter de lourdes conséquences judiciaires et disciplinaires.
Le mouvement, parti à la mi-septembre, a perturbé des centaines d'établissements en France, avec des revendications portant sur les moyens, les effectifs et l'état des bâtiments. La mobilisation s'est poursuivie au-delà du week-end, avec de nouvelles journées d'action annoncées.


