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LE JOURNAL INDÉPENDANT DE CANNES


Une station-service sous auvent, en France : sur fond de grève chez TotalEnergies, 28 stations des Alpes-Maritimes signalent des ruptures partielles ce vendredi 9 octobre.
Une station-service sous auvent, en France : sur fond de grève chez TotalEnergies, 28 stations des Alpes-Maritimes signalent des ruptures partielles ce vendredi 9 octobre. © Benoît Prieur / Wikimedia Commons (CC0)

Carburants : la grève chez TotalEnergies inquiète, trois stations cannoises en rupture partielle

Jeudi 8 octobre, la CGT a bloqué les expéditions de carburant dans plusieurs raffineries, dont La Mède. Ce vendredi, 28 stations des Alpes-Maritimes signalent des ruptures partielles, dont trois à Cannes.

À l'appel de la CGT, une partie des salariés de TotalEnergies ont bloqué jeudi 8 octobre les expéditions de carburant des sites de production de Normandie, près du Havre, de Donges (Loire-Atlantique) et de la bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), pour 24 heures de grève pour l'emploi et les salaires.

Entre 50 et 60 % des salariés des équipes de quart de ces sites se sont mis en grève jeudi, selon Éric Sellini, coordinateur CGT pour le groupe, cité par l'AFP. La direction a retenu un autre périmètre et compté environ 2 % de grévistes sur l'ensemble de ses raffineries et bio-raffineries, affirmant continuer d'assurer l'approvisionnement « par ses différents moyens logistiques ». À Donges, la CGT assure que « rien ne sort de la raffinerie » ; la direction affirme en revanche que les expéditions par pipeline y ont fonctionné jeudi.

Une pompe de village à La Palud-sur-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence), photographiée en septembre 2026 : dans les Alpes-Maritimes, les ruptures relevées ce vendredi concernent surtout le GPLc, l'E85 et le SP95.
Une pompe de village à La Palud-sur-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence), photographiée en septembre 2026 : dans les Alpes-Maritimes, les ruptures relevées ce vendredi concernent surtout le GPLc, l'E85 et le SP95. © Sebleouf / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Côté distribution, 29 stations-service de la filiale Argedis ont fermé dans l'après-midi du fait de la grève, selon la CGT ; la direction en a compté 23, sur les quelque 180 que compte la filiale et les 3 300 du groupe. Le mouvement a touché toute la France, avec une ampleur particulière en Bretagne et en Île-de-France, où il pourrait être reconduit ce vendredi, selon la CGT.

Les revendications

Panneau de prix sur l'autoroute A9 (photo d'archive, 2017) : le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies attire les automobilistes vers ses stations, selon la CGT.
Panneau de prix sur l'autoroute A9 (photo d'archive, 2017) : le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies attire les automobilistes vers ses stations, selon la CGT. © Marc Mongenet / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le syndicat réclame 200 euros mensuels d'augmentation pour tous, un salaire de base minimum à 1,2 Smic, l'embauche des intérimaires et des postes vacants pourvus en CDI, dénonçant des effectifs « sous tension », un « recours massif » à l'intérim, aux CDD et à la sous-traitance. L'appel à la grève a été maintenu malgré l'annonce par la direction d'une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle. Le bénéfice net du groupe s'est élevé à 11,2 milliards de dollars au premier semestre, en progression de 73 % sur un an, selon l'AFP.

Trois stations en rupture partielle à Cannes

Les grévistes se réunissent ce vendredi matin en assemblées générales pour décider de la suite à donner au mouvement. « Nous verrons en fin de journée si nous reconduisons le mouvement ce vendredi 9 octobre, en fonction des niveaux de participation à la grève », expliquait la CGT jeudi, citée par Roole.

Sur fond de ces tensions et de difficultés logistiques liées au conflit au Moyen-Orient, le traqueur fuel-compare recensait ce vendredi 28 stations en rupture partielle dans les Alpes-Maritimes : une station Avia de l'avenue Maréchal Juin (E85, GPLc et E10 en rupture temporaire), une station indépendante de l'avenue du Dr Picaud (SP95, E85 et GPLc) et l'Intermarché de l'avenue Francis Tonner à Cannes La Bocca (GPLc). Aucun lien direct n'est établi entre ces ruptures et le mouvement social de jeudi.

Le plafonnement des prix pratiqué par le groupe a entraîné une ruée des automobilistes vers ses stations, selon la CGT, qui réclame une revalorisation des salaires pour les salariés de stations « en première ligne » face à l'« afflux de clients ».

Julien Fabre
Journaliste économie