Immobilier : Cannes résiste, la Croisette reste hors norme
Le baromètre SeLoger place Cannes à 6 064 euros le mètre carré pour les appartements, en léger repli sur un an, quand certaines rues du centre dépassent les 11 000 euros.
Le marché cannois tient ses positions. Selon le baromètre SeLoger, les prix des appartements s'établissent à 6 064 euros le mètre carré à Cannes, en recul modéré de 1,1 % sur un an. Un repli moins marqué qu'à Nice, où les prix reculent de 1,4 % à 5 219 euros le mètre carré, quand Antibes, Cagnes-sur-Mer et Grasse affichent au contraire des hausses de 4,4 % à 4,9 %.
Comme dans le reste de la France, le marché reste freiné par la remontée des taux de crédit immobilier, repassés à environ 3,65 % sur 20 ans à la rentrée 2026, après le choc pétrolier provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Le pouvoir d'achat immobilier des ménages continue de se dégrader à l'échelle nationale, ce qui limite la capacité des acquéreurs à profiter de la relative stabilité des prix locaux.
À Nice, le repli de 1,4 % observé sur un an est un peu plus marqué que la moyenne des grandes villes françaises suivies par le baromètre, où les prix ont reculé de 0,4 %. Sur cinq ans, la tendance reste nettement positive : les appartements y ont augmenté de 14,2 %. Signe d'une demande qui reste soutenue, le délai de vente moyen s'est nettement réduit sur un an, à 73 jours contre 90 jours un an plus tôt : les biens niçois trouvent preneur plus vite qu'il y a un an, malgré la baisse des prix. Nice n'est par ailleurs pas soumise à l'encadrement des loyers, contrairement à Paris, Lyon ou Bordeaux.
La Gray Street, quatrième rue la plus chère de France
Ces moyennes masquent des écarts considérables selon les quartiers, et Cannes figure en bonne place au palmarès national des rues les plus chères. La Gray Street, entre la Croisette et la rue d'Antibes, affiche 11 977 euros le mètre carré en prix moyen d'annonce, devant le boulevard de la Croisette à 11 458 euros. Le boulevard Gazagnaire et la rue James Grant-Milne dépassent également les 10 000 euros, et certains biens d'exception peuvent atteindre jusqu'à 30 000 euros le mètre carré.
Des prix d'annonce, pas des ventes actées
Précision méthodologique importante : ces montants sont des prix moyens d'annonce relevés au 1er avril 2026, pas des prix de ventes définitivement actées. Ils traduisent les ambitions des vendeurs sur un marché où la rareté de l'offre et la clientèle internationale fortunée, peu dépendante du crédit, tirent les prix vers le haut, notamment pour les villas en bord de mer et les appartements avec vue dégagée. Au 1er avril 2026, le prix moyen tous biens et tous quartiers confondus s'établissait autour de 6 000 euros le mètre carré, en légère progression sur un an, signe d'un marché globalement stable malgré ses sommets.
