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LE JOURNAL INDÉPENDANT DE CANNES


Le boulevard de la Croisette : à Cannes, le stationnement est devenu un instrument assumé de politique municipale.
Le boulevard de la Croisette : à Cannes, le stationnement est devenu un instrument assumé de politique municipale. © Txllxt TxllxT / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Éditorial

Le stationnement, acte politique

Éditorial. Avec la reprise en régie du parking Saint-Nicolas et la gratuité ciblée au Commerces-République, Cannes fait du stationnement un instrument de politique municipale. Un pari qui se jugera à l'usage.

Le 1er octobre 2026 restera une date pour les automobilistes cannois. Ce jour-là, le parking Saint-Nicolas, 420 places derrière la gare, est passé en régie municipale, et le parking Commerces-République a basculé vers deux heures gratuites par jour en semaine. Deux décisions, un même message : à Cannes, le stationnement est une politique publique à part entière.

Le choix de la régie n'est pas anodin. En reprenant en main directe un équipement jusque-là confié à un opérateur privé, la Ville affirme que le stationnement n'est pas une simple commodité marchande : c'est un service public, dont les tarifs, la qualité et l'orientation doivent répondre à l'intérêt général. La délibération du conseil municipal est explicite : la régie directe est le mode de gestion le plus conforme aux intérêts de la Ville et des usagers.

La gare SNCF de Cannes : le parking Saint-Nicolas, situé juste derrière, est passé en régie municipale le 1er octobre.
La gare SNCF de Cannes : le parking Saint-Nicolas, situé juste derrière, est passé en régie municipale le 1er octobre. © Kevin.B / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

La gratuité ciblée, elle, est un pari économique. Deux heures gratuites par jour, c'est un cadeau fait aux clients des commerces du centre-ville, aux actifs qui déjeunent en ville, aux parents qui enchaînent les courses. Après le parking Roubaud en décembre 2025, le Commerces-République est le deuxième à franchir le pas. Le calcul est simple : un automobiliste qui ne paie pas son stationnement est un automobiliste qui dépense ailleurs.

Mais toute gratuité a un coût, et c'est là que cet éditorial se doit de rester vigilant. Douze parkings, 5 144 places : la régie Cannes Parking est devenue un opérateur de poids, dont l'équilibre financier dépendra de la fréquentation payante des autres parcs. La gratuité, même ciblée, est un manque à gagner qu'il faudra compenser, par le volume ou par les tarifs. Et la rotation des places, nerf de la guerre en centre-ville, devra être surveillée : une place gratuite occupée huit heures par le même véhicule est une place perdue pour le commerce.

L'hôtel de ville de Cannes : douze parkings et 5 144 places sont désormais gérés par la régie Cannes Parking.
L'hôtel de ville de Cannes : douze parkings et 5 144 places sont désormais gérés par la régie Cannes Parking. © Almanach94 / Wikimedia Commons (CC0)

Reste que la méthode mérite d'être saluée : modernisation des équipements, vidéoprotection renforcée, nouveaux services aux usagers, de la fontaine à eau au prêt de parapluies. Le stationnement n'est plus le parent pauvre des politiques municipales. À Cannes, il est devenu un instrument assumé d'attractivité. Aux usagers, désormais, de juger sur pièce.

Ce texte est une opinion : il n'engage que son auteur et ne reflète pas nécessairement la position de la rédaction.
Camille Moreau
Rédactrice en chef